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Pas trop logique
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SYMPATHIE POUR LE DÉBILE (La saga de l’été) : Episode 21.
Résumé des épisodes précédents : Dans le premier épisode, notre héros, Jean-Truc, découvre que sa vie entière n’a été jusque là qu’un vaste mensonge. Il apprend en effet que, contrairement à ce qu’il avait toujours cru, Frédéric François n’est pas le fils de Claude François. Tout s’effondre alors autour de Jean-Truc. Il découvre coup sur coup que Philippe, celui qu’il croyait être son père, est en réalité sa mère, et que Léontine, sa sœur, est en fait une salade piémontaise. Tout retourné par ces révélations, tout perturbé, tout rneboulé, Jean-Truc décide de se donner la mort en mangeant moins de 5 fruits et légumes par jour. Il n’en a finalement pas le courage et se contente de se boire, pour oublier, une bouteille entière de sirop pour la toux. Il est alors pris de l’envie subite d’acheter un lapin nain. Il se rend donc chez son marchand de nains mais, encore sous l’influence du sirop, il oublie de composter son ticket de métro et est passé à tabac par une horde d’agents de la RATP ivres de colère, qui le laissent pour mort dans une décharge publique. Contusionné, meurtri et découpé en vingt-trois morceaux, Jean-Truc parvient péniblement à se remettre sur pied et finit par guérir de ses blessures. C’est alors qu’il rencontre Francis qui deviendra son meilleur ami et son fidèle compagnon. Ensemble, ils partent à l’aventure, sauf Francis qui ne peut pas car c’est un arbre. Seul à nouveau, sans ressources, Jean-Truc survit en mangeant du sable. Il décide alors de partir refaire sa vie à l’autre bout du monde, dans cette lointaine et mythique terre promise qu’on appelle la Bretagne. (« L’Armorique, je la veux et je l’aurai », a-t-il confié à Francis avant son départ). Sur son chemin, notre héros va rencontrer de nombreux personnages attachants, comme André le plombier, Léon le pilote d’avion, Bethsabée la prostituée, Rémi le néonazi et Vincent Delerm le mauvais chanteur. Dans le dernier épisode, Jean-Truc apprend avec stupeur qu’il possède trois pancréas. C’est alors qu’il réalise que ça ne lui sert à rien.
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CLAP.
Tu sais, depuis quelque temps, Dieu me parle.
Allons bon, vas-tu dire, v’la-t-y pas qu’il s’est remis à l’opium, si c’est pas malheureux.
Mais non. Je t’assure, c’est vrai. Dieu me parle.
Bon, Il ne me parle pas directement, hein. Je n’entends pas des voix. C’est plutôt des signes, des signes qu’Il (ou, plus vraisemblablement, un Ange gardien a qui Il a refilé le taf) dispose sur ma route.
Un exemple ?
Bon, un exemple.
L’autre jour, à une poignée de minutes d’intervalle, j’ai croisé un type qui portait son chien dans ses bras, puis une bonne femme qui faisait chier son gosse sur le trottoir.
Je t’assure, c’est vrai.
On ne voit pas des choses pareilles, en temps normal, si ?
Non.
Il n’y a pas de doute, c’est L’autre, là. Dieu. Il m’envoie des signes. (mais non, putain, enlève ce masque respiratoire et range cette boîte de Tamiflu. Des signes, j’ai dit. Pas des cygnes.)
Ou plutôt mon Ange gardien.
Je crois que je l’ai croisé, tout à l’heure. Je descendais un escalier, et un type, qui attendait l’ascenseur, un parfait inconnu, un étranger complet, me barre la route, me dit bonjour avec un grand sourire et me serre la main comme si nous étions les meilleurs amis du monde. Je n’avais jamais vu ce type, je te le répète. Il portait un pull vert pomme, et mangeait une pomme vert pull.
Je t’assure, c’est vrai.
Nul doute qu’il voulait me communiquer quelque chose. Une renversante révélation sur le sens de la vie, une mission à me confier dont dépendait le sort du monde, que sais-je ?... Il n’en a pas eu le temps. Non, parce que son ascenseur est arrivé à ce moment-là. Il est monté, et il est parti.
Evidemment, comme un con, je n’ai même pas pensé à relever le numéro.
Qu’est-ce qu’Il me veut ? Qu’a-t-Il à me dire ? hein ?
J’ai cherché à deviner. Que dois-je faire ? Aller libérer Orléans, peut-être ? Oui, mais de qui ? D’un envahisseur ? Mais lequel ? Il y a bien longtemps que les Anglais ne viennent plus à Orléans, même en touristes. Y’a rien à faire, à Orléans. D’un tyran ? Mais lequel ? Sarkozy est même pas encore élu ! Dieu prend-Il de l’avance ? Ou s’est-Il planté dans ses Fiches, comme un Gros Con ?
Et puis, j’ai compris.
C’est mon blog.
Il a eu pitié, le gars Dieu. Il m’a vu, semaine après semaine, essayer de maintenir en vie ce blog moribond. Et Il a eu pitié. Et Il m’a fait signe, pour me dire : Stop. Arrête les frais. Cesse l’acharnement thérapeutique. Laisse-le donc partir en paix.
Ouais.
Florent Pagny a dit un jour : « Tenir un blog que personne ne lit, c’est comme jeter une bouteille à la mer, mais où y’a pas la mer. »
Bon, c’est peut-être pas très clair comme ça, sorti de son contexte, mais en gros, je ne pense pas trahir la pensée de Florent en la résumant ainsi : tenir un blog que personne ne lit, c’est une belle connerie de merde.
Et c’est pourquoi.
Non, mais en fait, c’est pas vrai. Dieu, Il y est pour rien. D’ailleurs Il a un alibi en béton : Il existe même pas.
C’est vrai, ça. Ami, le jour ou tu te retrouveras en accusation devant un tribunal, ne vas pas rejeter la faute sur Dieu : ça marche pas. Dieu a toujours un alibi. (mais non, pas un parc d’attractions. Un alibi, j’ai dit. Pas un Walibi. Putain.)
Non, c’est pas Dieu, c’est moi. Moi. J’en ai marre. Et donc voilà, je tire ma révérence.
Alors bien sûr, ça n’est pas une fermeture totale et définitive. Dès fois, peut-être, au gré des envies, de l’inspiration, machin tout ça. Vous pouvez continuer à passer de temps en temps, y’aura peut-être des trucs. Et quoiqu’il en soit, je continue, bien sûr, à vous lire.
Allez, hop là. Ceci n’est pas un adieu. Ceci n’est même pas un au revoir. En fait, c’était rien du tout. D’ailleurs, ne lisez pas cette note. D’ailleurs, ne lisez même pas ce blog. Vous avez mieux à faire.
Ah. Merde, trop tard.
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DE MIEUX EN MIEUX
Tiens, au fait, vous savez où se trouve la ville de Pro ?
Non ?
Eh bien, c'est dans le Nord-Ouest de la Suisse. Parce que ...
Parce que quoi ? Tiens, ben cherchez. Le premier qui trouve gagne une photo dédicacée de Patrick Juvet. Voilà voilà.
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POURSUIVONS TRANQUILLEMENT LE SUICIDE DE CE BLOG...
Elle a environ quarante ans. Peut-être un peu moins ; comment savoir ?
Ce qui est certain, c’est qu’elle en paraît plus. Des années, des décennies de vie dans la rue, l’absence d’hygiène, les nuits rudes et inconfortables, les repas aléatoires ont marqué son visage et l’ont vieillie prématurément. Les dents noircies quand elle ne sont pas absentes, le paupière tombante, le cheveu rare. Elle est laide.
Elle était pourtant plutôt jolie lorsqu’elle est arrivée à Paris, il y a vingt ans. Ella avait claqué la porte de chez ses parents et avait quitté sa Normandie, direction la capitale. Seule et sans rien, mais jeune, jeune, d’une jeunesse foisonnante de rêves, des espoirs plein la tête. Le monde lui appartenait. Tout était possible. Sa vie serait unique, elle le savait.
Car, elle en avait l’absolue certitude, une fois dans la capitale, il lui arriverait quelque chose. Quoi exactement, elle l’ignorait, mais c’était sans importance. CELA arriverait, fou et grandiose.
Sans moyens et ne connaissant personne, n’ayant nulle part où aller, elle s’est retrouvée contrainte, dans un premier temps, de dormir dehors. C’était provisoire, bien entendu. Peut-être était-ce l’été. Pour manger quelque chose, il lui a fallu aborder les passants, leur expliquant d’un sourire charmant et sincère sa situation : « je viens d’arriver à Paris… mes parents sont en Normandie… j’aurais besoin d’un peu d’argent pour manger, le temps que je m’en sorte, que je trouve un logement… ». C’était un peu humiliant, mais c’était temporaire. Juste quelque jours. Le temps qu’elle s’en sorte.
Et le temps a passé. Mais elle gardé espoir. Quelque chose arrivait, elle le savait, et elle attendait. Si ce n’était pas demain, ce serait après-demain. Tout cela n’était que provisoire, après tout.
On s’habitue à tout, même au pire. Et ses gestes maladroits des premiers jours, c’est donc cela qu’ils sont devenus : des habitudes. Habitude, la station de métro où elle s’abrite le soir et le froid venus. Habitude, l’escalier où elle s’assoit, sur la même marche, la même, jour après jour, mois après mois. Habitude, le coin vaguement à l’abri où elle installe son vieux duvet puant. Et ainsi, aujourd’hui est dramatiquement identique à hier. Et elle vit ainsi, conjuguant le bonheur au futur, attendant. Chaque jour ne servant à rien d’autre qu’à la mener jusqu’au suivant. Le monde lui appartenait, mais son monde, aujourd’hui, c’est cela : une station de métro, trois rues. Elle n’en sort jamais, engluée dans sa répétition quotidienne et mécanique des mêmes gestes.
Quand est-ce arrivé ? Quand le temporaire est-il devenu routine ? Quand ses espoirs sont ils devenus une illusion absurde et navrante, et ses rêves des choses racornies et desséchées qui traînent dans un coin de sa tête, recouverts de poussière ?
Aujourd’hui encore, elle répète aux passants la même rengaine. « je viens d’arriver à Paris… mes parents sont en Normandie… j’aurais besoin d’un peu d’argent pour manger, le temps que je m’en sorte, que je trouve un logement… ». Le sourire charmeur qui accompagnait cette phrase est peu à peu devenu un rictus machinal, une grimace qui révèle sa dentition sinistrée. Mais c’est la même phrase. Pourquoi en changer ? Si elle a dit cela hier, pourquoi pas aujourd’hui ? Rien n’a changé, depuis hier. Et puisqu’elle le dit aujourd’hui, elle le dira encore demain. Et ainsi de suite.
J'ai vidé mes poches et lui ai donné toutes les pièces que j’avais, j’ai tenté de lui rendre son sourire. Puis je me suis éloigné, le cafard en bandoulière. Et je suis rentré chez moi.
Dans mon studio, la déco et le mobilier sont un peu pauvres. C’est parce que je ne voulais pas investir trop pour cet appart, car je ne vais pas y rester longtemps. Ce n’est que provisoire.
Ma vie va changer, bientôt.
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UNE FOIS N’EST PAS COUTUME…
(juste un petit exercice de style, comme ça, pour voir.)(va surtout pas croire que je me suis mis à me prendre au sérieux, hein)
Il existe sur Terre des dizaines, voire des centaines, de cultes et de religions différentes. Or, ces religions sont incompatibles entre elles : chacune prétendant, par définition, détenir l’unique vérité, deux religions aux préceptes et aux enseignements différents ne peuvent pas être vraies simultanément.
Ainsi donc, il n’y a logiquement que deux possibilités : parmi les religions humaines,
-soit TOUTES SONT FAUSSES,
-soit toutes sont fausses SAUF UNE.
Par ailleurs, il n’y a pas de religion qui sorte du lot : les fidèles de chaque religion sont tous également convaincus qu’ils ont raison, et que tous les autres se trompent. Il n’y a donc pas de raison de penser qu’une religion donnée est plus vraie que les autres, et donc, dans ces conditions, puisque elles ne peuvent pas toutes être vraies, alors elles sont forcément toutes fausses.
Ainsi donc, si Dieu existe, il ne correspond a priori pas aux descriptions qu’en font les religions humaines. Il peut donc être absolument n’importe quoi : unique, multiple, conscient ou non, doté ou non d’un volonté. Il peut être une entité intelligente, tout comme il peut être un simple phénomène physique aveugle… ou même un barbu assis sur un nuage, ou un sosie de Dick Revers, pourquoi pas. Et donc, même si Dieu existe, et que (hypothèse très improbable) il nous a créés dans un but précis et qu’il attend quelque chose de nous, il n’y a aucun moyen de savoir ce qu’est cette chose.
Finalement :
-Il est impossible de savoir si Dieu existe ou pas
-Dans l’hypothèse où il existe, il est impossible de connaître sa nature
-Et si jamais il existe et qu’il attend de nous un comportement particulier, il nous est impossible de savoir quel est ce comportement.
Dans ces conditions, la seule attitude raisonnable est donc de se comporter exactement comme si Dieu n’existait pas.
CQFD.
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UN PIED DANS LE GRAVE : LA FIN BACLEE, parce que le temps et le courage se liguent pour me faire déf
Résumé des épisodes précédent : Frédéric Beigbeider a mangé des huîtres.
Sue (car tel était son prénom) m’expliqua alors ce qu’elle avait découvert dans les sous-sols.
Le producteur de Lorie avait un problème, il l’avait vite compris : le temps jouait contre elle. Chaque année qui passait éloignait la chanteuse de son cœur de cible, à savoir les gamines prépubères : il viendrait bien un jour ou elle aurait quarante ans, ce qui ôterait à son public toute possibilité d’identification (sans parler du ridicule de voir une quadragénaire se trémousser en vous confiant qu’elle aime les dauphins, les câlins d’amour et les week-ends qui sentent le poney). CELA ETAIT INACCEPTABLE. La solution était évidente : il fallait cloner Lorie, afin, lorsqu’elle atteindrait 25 ans, de la jeter pour la remplacer par un double plus jeune. Et ainsi de suite, POUR TOUJOURS. Voilà, voilà ce qui se trouvait dans la cave secrète de la maison de Laden : une usine à clones, tournant à plein régime, fabriquant des modèles de Lorie de tous âges, tandis que les anciennes étaient dépecées, pour être revendues au détail à des trafiquants d’organes. (oui, si tu as subi une greffe récemment, sache-le, tu portes peut-être sans le savoir le foie ou le rein de Lorie. Désolé.) Le tout dirigé par un savant fou, l’abominable Dr. Gunther Grasmuck.
J’écoutai, horrifié, ses révélations. Puis je lui dis :
-Ecoutez, c’est épouvantable ce que vous me dites là, mais moi je peux pas m’en occuper, j’ai pas le temps, j’ai promis d’emmener mon fils à Walibi. Désolé.
Et je la raccompagnai jusqu’à la porte.
J’ai appris qu’elle était morte, quelques années plus tard, d’une crise de varices ophtalmiques aiguës. Quant au Dr. Grasmuck, il a finalement été arrêté pour recel de porte dérobée. Quant à moi, je me suis tapé un Big Mac.
FIN
(ah ah, me dites pas que ça valait pas le coup d’attendre, hein ?!)
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